Coupe de France : L’AS Cannes à la poursuite de son passé
En dominant Guingamp (3-1), le club varois s’est qualifié pour sa première demi-finale de Coupe de France depuis 33 ans.
C’est une épopée qui aura peut-être droit à son film et à une projection au célèbre Palais des Festivals sur la Croisette. L’histoire d’une bande de copains, des amateurs, partie défier l’ordre établi et mettre à mal les certitudes du monde professionnel. Sauf qu’avant de penser au Festival de Cannes et à son tapis rouge, les joueurs de l’AS Cannes doivent encore écrire la fin de leur scénario.
Hier soir, celui-ci s’est enrichi d’un nouveau chapitre avec l’élimination de Guingamp (3-1). Les Bretons, doubles vainqueurs de l’épreuve en 2009 et 2014, n’ont pas su résister à Julien Domingues et ses partenaires, qui ont accroché à leur tableau de chasse un troisième club de Ligue 2 après Grenoble (3-2) et Lorient (2-1). "La meilleure équipe a gagné. L’AS Cannes a fait un match de haut niveau, elle a mis une intensité de haut niveau", reconnaissait l’entraîneur d’EAG Sylvain Ripoll.
Le sixième pensionnaire de 4e division en demi-finales depuis 2000
Le buteur cannois a d’ailleurs encore frappé, inscrivant son 11e but de la compétition, devenant au passage le premier joueur de 4e division à inscrire au moins 5 buts à partir du stade des 32es de finale depuis le Périgourdin Bruno Cheravola en 1986-1987. "On a pas mal échangé, et il y a eu ce match où je l’ai mis titulaire à ce poste-là, et depuis, tout a changé. Je ne savais pas s’il serait capable de briller de cette manière. Depuis, il est en totale réussite. Il s’est parfaitement intégré dans le projet de l’équipe et est en pleine confiance. Ce qu’il est en train de réaliser est exceptionnel. C’est l’alchimie du football. Il est aussi capable de marquer des buts dans toutes les positions, de prendre la profondeur et, surtout, il possède une qualité hors normes : il est extrêmement adroit", témoignait l’entraîneur cannois Damien Ott dans Le Télégramme, ravi d’avoir eu l’idée de repositionner l’ancien ailier de l’US Saint-Malo à la pointe de son attaque.
En épinglant Guingamp, l’AS Cannes a fait chavirer son enceinte de Pierre-de-Coubertin qui n’en finissait plus de chanter : "On est en demies !". Un stade de la compétition que les Varois, lauréats en 1932, n’avaient plus atteint depuis 33 ans. Ils sont les sixièmes pensionnaires de 4e division à arriver à ce niveau depuis 2000 après Calais (2000), Montceau-Bourgogne (2007), Quevilly (2010), Rumilly Vallières (2021) et Versailles (2022). Pas vraiment une surprise toutefois pour le leader de National 2 invaincu depuis le 19 octobre et sur une série de 15 victoires et 4 nuls. "L’objectif pour le prochain tour ? Ce sera de faire un bon match. Et j’anticipe la prochaine question. Je vais vous dire sur qui je ne veux surtout pas tomber : le PSG parce qu’ils sont trop forts. Ce serait un match de gala mais je veux un match de foot", a soutenu Damien Ott qui n’aurait rien contre retrouver les Parisiens mais plutôt pour l’épilogue au Stade de France. Un scénario digne d’un film que les Cannois continuent de tourner avec gourmandise.