Coupe de France : Reims à la puissance 4
En s’imposant à Cannes, le club rémois a réussi à se qualifier pour sa première finale de la Coupe de France depuis 1977 et la quatrième de son histoire.
Pour le spectacle et le football champagne, Reims attendra. Mais des bouchons ont tout de même dû sauter dans le vestiaire rémois hier soir à Cannes. Tout près de l’emblématique Palais des Festivals, qui s’animera et déroulera son iconique tapis rouge aux stars du cinéma du monde entier le mois prochain (du 13 au 24 mai 2025), les hommes de Samba Diawara ont écrit leur meilleur scénario, tout en mettant brutalement fin à la belle histoire du Petit Poucet cannois.
Au stade Pierre-de-Coubertin, Reims n’était pas venu pour simplement participer. Prenant rapidement les choses en main, le club champenois a ouvert le score à la fin du premier quart d’heure. Côté gauche, Mamadou Diakhon déborda la défense varoise avant de trouver en retrait, au premier poteau, le jeune Nigérian de 19 ans Ibrahim Hafiz Umar (1-0, 14e). Devant au tableau d’affichage, les Rémois ont ensuite abandonné l’initiative aux locaux. Ces derniers furent récompensés de leurs efforts peu après le retour des vestiaires grâce à leur leader Cheikh N’Doye (1-1, 52e). Malheureusement, le capitaine cannois oubliait, six minutes plus tard, dans son dos et au cœur de la surface, le nouvel entrant Teddy Teuma. Une erreur dont ce dernier profita pour redonner l’avantage à des visiteurs qui ne le lâcheraient plus (2-1, 58e).
Deux victoires et une défaite en finale
Contrairement aux trois tours précédents, contre l’AS Monaco, Bourgoin-Jallieu et Angers, Reims valida sa qualification sans en passer par la fatidique séance des tirs au but. "Notre salut viendra de quelque chose de plus consistant. Quand on fait un pas en avant, on en refait un en arrière. Retomber dans nos travers, ça peut être inquiétant mais je ne veux pas plomber l’ambiance. On retient la qualification", bougonnait malgré tout Samba Diawara, pas vraiment emballé par le contenu proposé par ses joueurs.
Ne lui en déplaise, c’est à leur manière que ces derniers ont trouvé la route du Stade de France. Pas un mince exploit, puisque Reims n’avait plus atteint la finale de la Coupe de France depuis 1977. Il y a 48 ans, le club champenois avait craqué en toute fin de match contre Saint-Étienne. Devant jusqu’à la 85e minute, il avait encaissé deux buts signés Dominique Bathenay et Alain Merchadier, pour finalement voir le trophée lui échapper.
Le 24 mai prochain, il tentera de faire oublier ce mauvais souvenir et de raviver ceux, plus glorieux, de 1950 et 1958, quand il avait dominé le RC Paris (2-0) puis Nîmes (3-1). Une autre époque, où Reims imposait sa loi sur le football français. Un rôle aujourd’hui tenu par le Paris Saint-Germain, son surpuissant futur adversaire en finale.
Reims n’aura alors rien à perdre pour sa quatrième finale de Coupe de France, un rayon de soleil inattendu dans une saison presque désastreuse en Ligue 1, où il pointe à la 15e place et n’est pas assuré de se maintenir dans l’élite. C’est même dans la peau d’un condamné qu’il pourrait se présenter au Stade de France le mois prochain. Un scénario que les Champenois préféreraient certainement éviter. En attendant, l’heure est à la satisfaction d’avoir décroché la palme à Cannes.