Football : Álvaro Morata a failli arrêter sa carrière internationale
Capitaine de l’Espagne championne d’Europe 2024, l’attaquant de Galatasaray a expliqué à Marca pourquoi il a finalement décidé de continuer en sélection alors même qu’il songeait à arrêter.
Nous sommes le 8 juillet dernier et dans un peu plus de 24 heures, l’Espagne et la France en découdront à l’Allianz Arena de Munich pour une place en finale de l’Euro 2024. C’est à ce moment-là que paraît une interview brûlante d’Álvaro Morata. Au quotidien El Mundo, l’attaquant de la Roja s’emporte contre le manque de respect à son égard et sous-entend qu’il mettra un terme à sa carrière internationale à l’issue de la compétition.
Un coup de tonnerre puisque le joueur de l’Atlético de Madrid, à l’époque, n’est autre que le capitaine de la sélection de Luis de la Fuente. "J’étais convaincu que ce serait mon dernier tournoi avec l’équipe nationale. Si les choses allaient bien, c'était pour m'enlever l'épine du pied et fermer un cycle merveilleux, et si les choses allaient mal, c'était encore plus vrai car il faut savoir quand son heure est venue", a-t-il commenté presque huit mois plus tard dans un long entretien accordé à Marca et publié cette semaine.
Interventions décisives de Pedri et Olmo
Si Álvaro Morata reviendra finalement sur sa décision, prise sur un coup de sang, c’est grâce à l’intervention de plusieurs de ses coéquipiers. "Mes collègues m’ont fait sentir important, tout comme le personnel. J’ai été fortement critiqué pour avoir dit cela, mais j’avais le sentiment d’être un bouclier pour mes collègues. Quand je parlais, on parlait plus que des autres et donc ils étaient plus libérés. Quand j'ai fait cette interview (El Mundo), Pedri et Dani Olmo m'ont dit qu'ils aimeraient que je sois avec eux. Cela m'a encouragé à continuer parce qu'à la fin je serais toujours dans l'équipe nationale, toute ma vie, mais il y a des moments où l'on souffre, mais je me suis déjà remis de cette étape. J'apprécie tout simplement l'équipe nationale", dévoile-t-il. Une marque d’affection qui a profondément touché le sensible trentenaire dont le printemps 2024 n’avait guère été simple car jalonné d’épisodes dépressifs où là aussi il a reçu de nombreux soutiens que ce soit de la part de Diego Simeone ou du Barcelonais Gavi.
Si sa sortie avait beaucoup fait réagir, elle ne l’avait pas empêché de tenir sa place contre les Bleus et de participer à la victoire en demi-finales de la Roja (2-1), puis de vaincre l’Angleterre pour décrocher le quatrième titre européen de l’histoire du football espagnol. "Pour moi et ma génération (Carva(jal), Nacho, Joselu...), cela a signifié beaucoup. Nous considérions tout comme distant et compliqué à cause de la génération qui nous a précédés", a-t-il reconnu dans le quotidien sportif madrilène avant de revenir sur ce qui a rendu cet été en Allemagne magique et inoubliable. "Tout était merveilleux, fantastique, un groupe incroyable (…) Toutes les personnes présentes, quelle que soit leur fonction, étaient pleinement engagées dans une mission et un objectif qui devenaient réalité chaque jour qui passait. Certains d'entre nous ont dû accepter un autre rôle, moins voyant (…) C'est mon cas. J'ai dû courir plus que quiconque et l'accepter. Nous étions très forts dans beaucoup de domaines, mais je devais travailler pour l’équipe. Il fallait se débarrasser de l'épine du précédent Euro, dans lequel nous avions atteint les demi-finales (1-1, 2-4 t.a.b.), et le gagner. Cela a changé ma vie. Chaque fois que je suis triste, je regarde des photos et des vidéos de l'Euro", a-t-il ajouté.
"Cette sélection n’a pas de plafond"
Un parcours parfait (7 victoires en 7 matchs, ndlr) qui le remplit de fierté autant que son rôle de capitaine. "Mon travail est de faire en sorte que tout le monde se sente bien et lorsque les choses ne vont pas bien, d'essayer de les corriger. Beaucoup de gens m’ont critiqué et ne m’ont pas vu comme un capitaine, mais je pense que j’ai de nombreuses facettes que les gens ne connaissent pas. J’ai l'habitude de travailler avec beaucoup de gens parce que j'ai des activités différentes en dehors du football, j'ai des expériences différentes dans ma vie et quand il faut se bouger le cul, je sais le faire et je peux vous assurer que je sais aussi le faire quand il s'agit de s'amuser. L'une de mes qualités est de tirer le meilleur des gens qui m'entourent", a expliqué l’attaquant parti cet hiver du côté de Galatasaray.
Une nouvelle étape pour rester au plus haut niveau et continuer d’être compétitif à 32 ans alors que la Coupe du monde approche à l’été 2026. Une compétition où il sait que l’Espagne aura toutes ses chances si elle se qualifie. "Cette sélection n'a pas de plafond", a conclu le capitaine ibérique qui aurait certainement regretté d’arrêter prématurément sa carrière internationale alors même que l’Espagne renaît.